lundi 11 décembre 2017

Miracles dans le NOM ?

Dans ce dernier Commentaire Eleison, Mgr Williamson nous apprend à faire un véritable discernement catholique de la nouvelle messe. 

Kyrie eleison DXLIII (9 décembre 2017)

Un pasteur pourra bien quitter tous ses agneaux.
Dieu, jamais ! Sauf s’ils veulent être pris pour des veaux.


Lorsque l’année dernière nous affirmions dans ces “Commentaires” qu’à Sokulka, en Pologne, s’était produit en 2008 un miracle eucharistique sur une hostie consacrée lors d’une nouvelle Messe, un certain nombre de catholiques du monde anglophone ont nié qu’une telle chose fût possible. Lorsque, récemment, cette affirmation a été renouvelée à Paris (https://youtu.be/IgQnQhxmhH4), ce fut au tour de certains traditionalistes français de mettre en question ce miracle, malgré la preuve apparemment scientifique qu’apportèrent à l’époque deux laboratoires polonais : l’un et l’autre déclarèrent séparément que l’échantillon de l’hostie en question provenait du muscle cardiaque d’un être humain en détresse aiguë.

Devant ces preuves, deux lignes d’argument opposées sont possibles. Soit on insiste sur le poison moderniste contenu dans le NOM et l’on conclut à l’impossibilité intrinsèque pour Dieu de faire un tel “miracle” ; soit l’on reconnaît le sérieux des preuves scientifiques, ce qui conduit à la nécessité de reconnaître comme pouvant être valides la nouvelle Messe, les nouvelles Ordinations sacerdotales et les nouvelles Consécrations épiscopales, étant donné que le prêtre et l’évêque concernés ont été ordonné et consacré respectivement en 2005 et en 1980. Mais de vaillants Traditionalistes se refusent obstinément à croire que ces trois validités soient possibles au sein de la Néo-église moderniste.

Toutefois, une chose est certaine, au moins dans l’Église catholique : de telles questions doivent être déterminées par la doctrine et non par l’émotion. On sait combien « piloter au feeling » peut être fatal aux aviateurs ; ici comme ailleurs, la raison doit prévaloir. La doctrine de l’Église sur la validité d’un sacrement comporte quatre exigences : un ministre, une forme, une matière et une intention sacramentelle valides. Le NOM peut négliger une seule ou toutes de ces exigences, mais aucune des quatre n’est automatiquement exclue. Si bien que là où ces quatre exigences sont respectées, la nouvelle Messe est valide. C’est pourquoi Mgr Lefebvre, qui connaissait sa théologie, n’a jamais prétendu que le NOM était automatiquement invalide. Donc, le NOM célébrée à Sokulka n’était pas nécessairement invalide ; et donc il semble plus raisonnable de partir des preuves pour admettre le miracle que de partir de l’impossibilité du « miracle » pour conclure à la fausseté de cette évidence scientifique. A moins de pouvoir fournir une raison précise qui permette de révoquer en doute le témoignage des pathologistes qui se sont exprimés.

Reste une objection majeure : comment est-il possible que le Bon Dieu fasse des miracles dans le cadre du NOM, alors que cette réforme a été conçue par ses auteurs pour empoisonner progressivement la foi des fidèles et détruire ainsi l’Église catholique ? La réponse doit être que Dieu ne donne pas au NOM une valeur authentique dans son principe. Néanmoins, Il maintient sa validité possible afin de ne pas abandonner une masse des catholiques qui continuent d’y assister innocemment, plus ou moins ignorants du poison que représente ce nouveau rite. Avant tout, ce qu’Il veut rappeler par un tel miracle, à la fois aux pasteurs et au troupeau, c’est qu’Il est Présent sous les apparences du pain et du vin. Quand on ne perd pas de vue que la doctrine catholique peut permettre au NOM d’être valide ; quand on se rappelle Saint Paul disant que quiconque mangera ce pain ou boira le calice du Seigneur indignement sera coupable du Corps et du Sang du Seigneur (I Corinthiens 23–2 9) ; et quand on observe à quel point est répandu dans la Néo-église le manque de respect pour la Présence Réelle, alors on comprend tout de suite que des signes comme le miracle de Sokulka peuvent contribuer au salut de beaucoup d’âmes. Le curé de la paroisse est là pour témoigner du progrès de la foi et de la pratique religieuse dans toute la région de Sokulka depuis le miracle.

Mais l’objecteur insistera : Comment Dieu peut-Il permettre qu’un tel rite empoisonné puisse être valide ? Nous répondons : Il ne supprime pas le libre arbitre de l’homme ; Il nous permet dans une large mesure de faire ce que nous voulons. Dans le cas présent, les néo-modernistes voulaient (et veulent toujours) que le rite de la Messe soit suffisamment empoisonné pour tuer à long terme la vraie Église, mais qu’il soit en même temps assez catholique pour abuser à court terme les fidèles ignorants et innocents, encore confiants dans leurs pasteurs qui leur racontent, par exemple, que le NOM est le « rite ordinaire » de l’Église. Le NOM n’aurait jamais été accepté dans l’Église Universelle s’il avait été évident dès le départ qu’il était automatiquement invalide.

Kyrie eleison.

dimanche 10 décembre 2017

Le Sel de la Terre n° 102


En cette année du centenaire de la Révolution d'octobre, il ne nous sera pas inutile de nous pencher sur le sujet du communisme. Sujet qui est sans beaucoup plus d'actualité que nous ne le pensons...

ÉCRITURE SAINTE
★ Frère EMMANUEL-MARIE O.P. : La victoire du Christ (Richesses de l’Apocalypse VII)
ÉTUDES
★ Frère PIERRE-MARIE O.P. : Le péché originel chez les enfants d’Adam
★ Frère LOUIS-MARIE O.P. : Dix chemins vers l’Église
★ Cardinal Michael FAULHABER : De l’ancien au nouveau Testament
DU COMMUNISME AU MONDIALISME
★ Du communisme au mondialisme
★ Christian LAGRAVE : La ploutocratie et le communisme
★ Xiao CHANG : Le dilemme des catholiques de Chine : « Mourir des mains de notre père »
★ Abbé Guy PAGÈS : Le mensonge dans le communisme et l’islam
LES GRANDES HEURES DE LA TRADITION
★ Un CHEVALIER de Notre-Dame : Un combat sans trêve et sans merci : L’ordre des chevaliers de Notre-Dame
LECTURES★ DOCUMENTS :
– Hommage à Arnaud de Lassus
– MAUBERT : Nouvelles de Rome. N’est-ce pas un devoir de chercher à être reconnus officiellement par le pape ?
★ RECENSIONS :
– La désinformation autour du régime de Vichy
– En finir avec l’école républicaine
– Rupture et fidélité
– Le Diable blanc de la mer Noire
– Anthèses poétiques
– Le Bon travail
★ PARMI LES LIVRES REÇUS

samedi 9 décembre 2017

Fête de l'Immaculée Conception

Magnifique procession aux flambeaux dans les vieilles rues d'Angers avec les pères dominicains d'Avrillé et le Séminaire de Mgr Faure. La prédication des Pères dominicains a ranimé la ferveur mariale dans les âmes.


Ce 8 décembre, engagements et prise d'habit





A Avrillé : aujourd'hui, en la fête de l'Immaculée Conception de la Très Sainte Vierge Marie, les séminaristes de deuxième année ont prononcé leurs premiers engagements dans la SAJM. Source





Aux Philippines :



Ce 8 décembre, le Frère Michel a pris l'habit et fait ses engagements comme frère oblat, pour un an, récitant la magnifique formule d'oblation rédigée par Mgr Lefebvre.

Son humilité, sa simplicité et son esprit de soldat augurent bien pour de longues années de fidélité.
Cette vocation ajoute une solidité supplémentaire à notre petite citadelle spirituelle.




Le camion transporte chaque dimanche 80 passagers, les deux tiers de nos fidèles de Cebu, tandis que d'autres familles s'apprêtent à nous rejoindre.






jeudi 7 décembre 2017

Partir ou rester : c'est toute la question ..

Nous publions ci-dessous un texte de Mikaël  paru récemment sur Fidélité catholique francophone, répondant avec pertinence aux arguments tendant à justifier l'attitude des prêtres de la Fraternité Saint-Pie X qui ne "bougent" toujours pas  alors que le Titanic a presque touché le fond. 

Nous sommes à huit mois du chapitre de la FSSPX et une grande partie des prêtres défavorables au ralliement attend ce moment comme une très certaine délivrance de leur tiraillement de conscience qui dure depuis plus de 5 ans. Mais est-il réellement prudent d'attendre cette date pour se décider à agir selon sa conscience ?

Nous répondrons comme le ferait Saint Thomas en pesant les arguments favorables et défavorables.

1° Il semble que l'attente soit préférable car la précipitation est mauvaise conseillère et il faut toujours espérer en Dieu qui peut inverser des situations parfois inextricables. La FSSPX a connu bien d'autres épreuves et s'en est toujours bien sortie, il n'y a pas de raisons que la Providence fasse défaut dans un moment aussi important où Rome semble s'enfoncer encore plus dans un modernisme délirant.

2° Il semble aussi que cette attente soit préférable car si Mgr Fellay est élu de nouveau pour 12 ans, nous déciderons alors de quitter la FSSPX car plus aucun espoir de redressement n'existera. Mgr Fellay aura tout son temps pour faire sa prélature. Si un autre est élu, alors nous observerons la situation pour nous décider.

3° Il semble que l'attente soit prudente car on voit combien ceux qui sont partis trop tôt peinent à reconstruire quelque chose.

4° Il faut attendre car pour le moment les prêtres de France semblent en majorité défavorables au ralliement et d'ailleurs ils se soutiennent entre eux discrètement pour parler de projets éventuels en cas d'accords.

5° Il faut attendre car Mgr Fellay est de moins en moins suivi dans sa politique à l'égard de Rome. L'idée d'un accord, surtout avec le pape François, semble rebuter de plus en plus de personnes.

6° Il ne faut pas laisser les fidèles aux mains de Mgr Fellay. Donc attendons avec nos fidèles. Nous leur dirons en temps opportun de quitter la FSSPX si les choses s'aggravent.

7° S'il faut partir, ce serait avec de nombreux confrères car la vie sacerdotale est très dangereuse pour celui qui vit seul. Il faut donc attendre qu'un certain nombre de prêtres se décident à partir

Réponse générale :

"Ne saurait être réputé prudent celui qui défaille dans l'acte principal de la prudence, c'est-à-dire l'intimation. Celui qui ne se commande pas à lui-même d'agir, alors qu'il voit ce qu'il devrait faire, manque beaucoup plus de prudence que celui qui commet matériellement un acte répréhensible, sans vouloir commettre un péché." ( St Thomas d'Aquin 2a2ae qu 47 a8).

St Thomas nous enseigne donc que la véritable prudence consiste à passer à l'action.

Réponse :

La crise actuelle de la FSSPX est essentiellement une crise de la Foi même si beaucoup se voilent la face devant cette réalité car les apparences de fidélité semblent encore sauves.

Or l'existence même de la FSSPX était liée à la crise de la Foi que traverse l’Église officielle depuis le concile Vatican II. La Providence avait de ce fait suscité Mgr Lefebvre et cette œuvre sacerdotale pour protéger le Saint Sacrifice, le Sacerdoce et plus encore l'essentiel du dépôt de la Foi contre les réformes conciliaires qui tendent à miner et à subvertir progressivement le véritable esprit catholique chez les prêtres et les fidèles. Prudentiellement Mgr Lefebvre avait sacré quatre évêques en 1988 pour continuer la Tradition de l'Eglise et préserver ainsi le troupeau catholique des influences et de l'autorité moderniste.

Or l'actuel supérieur de la FSSPX ne veut objectivement plus voir dans la Rome actuelle un danger radical pour la Foi puisqu'il fait volontairement la confusion entre Eglise catholique et église officielle et qu'il est en train de rattacher pratiquement (canoniquement - juridiquement) la FSSPX à cette Rome moderniste. Donc la Foi est directement en péril pour ceux qui se trouvent sous l'autorité de Mgr Fellay même si les apparences de tradition pourront tenir encore quelques temps dans les chapelles de la Fraternité. Il est donc raisonnable que tout prêtre prudent se pose la question de quitter ou non la FSSPX pour ne pas glisser avec le supérieur dans cette lente apostasie.

Reste la question du moment et de l'opportunité du départ. Combien de temps peut-on attendre ?

Pour l'évêque comme pour le prêtre, il y a essentiellement la question de l'enseignement de la Foi qui est première dans son ministère : s'il n'est plus possible de parler librement et d'avertir en chaire les fidèles que le Supérieur (le nommer) est en train de trahir le combat de la Foi et qu'une telle prédication serait le signal certain d'un renvoi, la mission première de l'évêque et du prêtre ne pouvant plus être accomplie librement, ce serait le signe que Dieu demande à ceux-ci, évêques ou prêtres, de quitter la Fraternité, et que ce départ doit s'opérer sans délai. 

Réponse aux objections :

1° Des crises ont eu lieu, mais jamais celle d'un supérieur général qui trahit la mission essentielle de la FSSPX. Et si la Providence a plusieurs fois récupéré cette œuvre en difficulté, ce fut toujours par l'action courageuse de certains de ses membres conscients de la raison d'être de cette œuvre. Dieu ne se dispense pas de généreux combattants pour sauver une situation difficile. Et ceux qui sont partis  pour ce motif n'ont pas été imprudents ni précipités mais sages selon le but premier de la FSSPX.

2° Si le prêtre a pris conscience que Mgr Fellay trahit et élabore patiemment et savamment un accord avec Rome, il est sage pour le prêtre d'agir comme dans une guerre : on n'attend pas que l'ennemi ait organisé tout son plan de bataille pour commencer à préparer le sien. Etant impossible pour le prêtre dans le cadre de la FSSPX de préparer le combat sans être repéré et dénoncé, il ne lui reste plus qu'à œuvrer librement à l'extérieur.

3° Nous sommes d'accord avec l'objectant : la résistance a peine à s'organiser non par défaut de volonté de ceux qui s'y trouvent mais en raison du petit nombre : si une dizaine de prêtres s'étaient décidés à les rejoindre, la chose serait tout autre actuellement. L'attente des prêtres dans la FSSPX fait peser encore plus lourdement le fardeau du combat sur ceux qui sont partis et qui auraient un grand besoin d'aide.

4° L'attente d'une action globale et collective contre Mgr Fellay s'oppose à la responsabilité personnelle de l'évêque et du prêtre qui n'a pas toujours à attendre l'action courageuse d'un confrère pour agir à son tour selon sa conscience. Si le prêtre est aussi faible et dépendant d'un groupe, il est bien loin de ressembler au bon pasteur qui sait parfois prendre des décisions tout seul (comme Mgr Lefebvre pour les sacres).
Et il est bien peu probable qu'il y ait d'autres actions globales comme pour "La lettre des 37", "L’Adresse aux fidèles" ainsi que "La lettre des doyens" qui ont fait un certain bruit, mais ont été assez peu suivies d'effets. Dieu veut des âmes et non des groupes.

5° Mgr Fellay est peut-être moins bien suivi mais il a tout le pouvoir et tous les moyens de communication dans la FSSPX. Et même s'il y a une réaction après une étape de rapprochement avec Rome, les mois qui suivent (et les sanctions) ramènent le "calme" et les mauvaises idées finissent par contaminer les meilleurs. Et ceux qui comprennent encore sans bouger suivent en traînant les pieds.

6° Quitter la FSSPX est le meilleur moyen de ne pas perdre spirituellement les fidèles. Ce n'est pas nécessairement la proximité physique qui aide les fidèles mais la liberté que le prêtre garde pour dire la vérité et la persécution qu'il subit au nom de la vérité. Un prêtre qui reste dans la FSSPX dissuade même, par son exemple, les fidèles de réagir. "Si un bon prêtre comme celui-là ne rejoint pas la Résistance, c'est qu'il n'y a pas de risque pour notre foi", pensent ces fidèles. Ce sont les exemples qui tirent les âmes.

7° Le prêtre doit en outre rechercher à vivre en communauté selon les principes posés par Mgr Lefebvre lui-même. Dans le contexte français, il existe désormais suffisamment de petites entités accueillantes, susceptibles de permettre l'exercice d'une vie sacerdotale correcte, et certains religieux reçoivent volontiers des prêtres qui se trouvent renvoyés, ou qui ont décidé d'eux-mêmes de quitter les structures de la FSSPX. Leur ministère (apostolat et vie commune) et leur subsistance matérielle (toit, nourriture, indemnités, couverture sociale) sont donc globalement assurés, même si c'est encore un peu "rustique" : mais c'est le prix à payer pour conserver la liberté catholique et permettre la survie de l'oeuvre sacerdotale et missionnaire de leur vénéré Fondateur. Le rattachement à l'Eglise s'y trouve garanti par quatre évêques exerçant, en dépit des difficultés de l'heure, l'autorité morale et la cohésion spirituelle indispensables.

mardi 5 décembre 2017

Le pape François et le fameux "rapport Kolvenbach"

Le site "Benoit et moi" (de tendance ratzinguérienne) a publié un article concernant le très trouble passé du Pape François. Même si ce fameux rapport "Kolvenbach" reste à retrouver, il n'en demeure pas moins vrai que la méthode actuelle de gouvernement du pape François semble confirmer son passé et sa psychologie. On se demande alors pourquoi certains croient encore que Bergoglio veut le bien de la Tradition (sic).


Nous parlons ici du rapport rédigé en 1991 par le Général des jésuites d'alors, à la demande de l'archevêque de Buenos Aires, dans le cadre d'une enquête de routine sur le père Bergoglio, - pourtant en disgrâce auprès de son ordre - avant de le nommer évêque auxiliaire.
Le 24 janvier 2016, le site <Rorate Caeli> posait la question: "UN JOB POUR UN VRAI JOURNALISTE: QUI PEUT TROUVER LE 'RAPPORT KOLVENBACH' SUR LE PÈRE BERGOGLIO? ( benoit-et-moi.fr/2016).
Voici  le bref passage que le livre "Il Papa Dittatore" consacre aujourd'hui au mystérieux rapport; il a semble-t-il disparu des archives de la Compagnie de Jésus (ce n'est pas surprenant, car ce serait une véritable bombe), ce qui donne évidemment à toutes les révélations qui suivent un caractère inachevé, et rendra (trop) facile aux fans du pape de les classer dans la catégorie "Fake news". Ce que nous savons aujourd'hui du caractère et du mode de gouvernement du Pape François aura toutefois tendance à nous confirmer que ce n'est pas le cas..

Pour lire ce qui suit, il faut avoir en tête le parcours difficile dans son pays du jésuite Bergoglio, nommé à 36 ans supérieur de la province d'Argentine, puis tombé en disgrâce et exilé à Cordoba, avant d'être envoyé en Allemagne, puis de rentrer dans son Argentine pour y connaître une "traversée du désert" (cf. Trouble narcissique de la personnalité )


Extrait de "Il Papa dittarore",

* * *

En 1986, un nouveau provincial pour l'Argentine fut nommé (...) Bergoglio fut expédié en Allemagne, officiellement pour travailler à une thèse sur le philosophe catholique Romano Guardini, qui ne devait jamais être achevée. A la fin de l'année, il rentra en Argentine, sans se préoccuper d'obtenir l'autorisation, un acte pour lequel plus tard, le Général des Jésuites devait l'accuser de désobéissance. Pendant une brève période, il enseigna la théologie à Buenos Aires, mais c'était un homme mal vu des responsables de la province argentine; à partir de 1990, il fut confiné dans un obscur poste dans une ville de province.
En termes mondains, la carrière du père Bergoglio semblait terminée, et il passa deux ans d'authentique découragement; mais la Compagnie de Jésus et ses hommes de gauche ndt: [il faut se rappeler qu'à l'époque, Jorge Bergoglio était considéré comme conservateur, voire plus] ne constituaient pas toute l'Eglise. Bergoglio fut sauvé de son exil par le nouvel archevêque de Buenos Aires, le cardinal Quarracino, un ecclésiastique d'une école différente. Comme Bergoglio, Quarracino était un homme du peuple. Partisan de Jean-Paul II, il avait certainement dû accueillir favorablement l'action du Pape en 1981, quand dans une intervention sans précédent, il avait déposé de Père Arrupe de son poste de Général des jésuites, et avait cherché à mener la Compagnie dans une direction moins destructrice. Le nouveau Général, élu en 1983, était le père Peter Kolvenback, lequel changea peu la ligne de la Compagnie.
En 1991, le cardinal Qarracino proposa de nommer le père Bergoglio évêque auxiliaire de Buenos Aires, et il faut comprendre à quel point cette proposition était exceptionnelle. Traditionnellement, les jésuitesne sont pas autorisés à accepter des charges épiscopales, et sauf dans une optique missionnaire, on n'avait quasiquement jamais vu un évêque jésuite dans la hiérarchie latino-américaine; mais grâce à cette promotion, Bergoglio devait se libérer de la structure de commandement des jésuites, et faire son entrée dans un monde où sa ligne religieuse serait davantage partagée.

Dès lors que le père Bergoglio, en tant que jésuite, avait besoin d'une dispense pour sa nomination, il était nécessaire d'obtenir un rapport de son ordre, auquel le cardinal Quarracino s'adressa en 1991. Il fut procuré par le Général des jésuites, et constitue l'étude la plus critique de la personnalité de Jorge Bergoglio jamais rédisée avant son élection comme Pape. Le texte du rapport n'a jamais été rendu public, mais le compte-rendu qui suit est dû à un prêtre qui y a eu accès avant qu'il ne disparaisse de l'archive des jésuites: le père Kolvenbach accusait Bergoglio d'une série de défauts, allant de l'usage habituel d'un langage vulgaire à la duplicité, à la désobéissance, dissimulée sous un masque d'humilité, et au manque d'équilibre psychologique; dans l'optique d'un adéquation au poste futur d'évêque, le rapport soulignait que comme Provincial, c'était quelqu'un qui avait porté la division dans son ordre. Il n'est pas surprenant qu'une fois élu Pape, François se soit efforcé de mettre la main sur les exemplaires existants du document, et que l'original, déposé dans les archives officielles à Rome, ait disparu.

En ce qui concerne l'objectivité du rapport, il nous faut admettre l'hostilité des jésuites alors aux commandes en Argentine, mais en réalité, Bergoglio l'avait exagérée, de manière à apparaître au Cardinal Bergoglio comme un martyr. (le phénomène que le père Kovenbach pourrait avoir eu à l'esprit quand il avait parlé de désobéissance sous le maque de l'humilité).
Même avec toute l'indulgence dûe, le rapport de Kovenbach pouvait difficilement être lu comme la description d'un religieux modèle faite par un supérieur.
Mais le cardinal Quarracino voulait absolument que Bergoglio devînt évêque, et bien que cela requît une audience spéciale avec Jean-Paul II, il atteignit son but. En 1992, Bergoglio fut ponctuellement nommé évêque auxilliaire, l'un des nombreux de Buenos Aires. Dans ce rôle, il suivit la ligne de son archevêque, considéré comme la droite de l'Eglise, dans le style populiste de Jean-Paul II. La nouvelle carrière dans la hiérarchie, que l'intervention de Quarracino lui avait ouverte toute grande, n'était pas loin de progrès ultérieurs. En 1997, l'évêque Bergoglio se vit reconnaître le droit de succession, et l'année suivante, à la mort du cardinal Quarrancino, il devint archevêque de Buenos Aires; sa nomination fut alors bien accueillie par les conservateurs. En 2001, il reçut de Jean-Paul II la barrette cardinalice.
Le cardinal Bergoglio devint ainsi le plus important homme d'Eglise d'Argentine, et les témoignages sur lui, sur la façon dont il était vu dans et hors de l'Eglise, ne manquent pas.

L'étude la plus pénétrante de sa personnalité est peut-être celle publiée par Omar Bello, "El verdadero Francisco" (le vrai François), publiée peu de mois après son élection comme Pape. Il convient de signaler que ce livre a disparu des librairies avec une rapidité surprenante, et est désormais introuvable, destin réservé à d'autres publications qui n'étaient pas favorables au Pape François.
Omar Bello (*) était un dirigeant de relations publiques, qui en 2005 était chargé de lancer une nouvelle chaîne de télévision de l'Eglise que le président Manem avait concédée à l'archidiocèse de Buenos Aires. pendant plus de huit ans , il avait travaillé pour l'archevêque, et eu l'occasion de le connaître. En travaillant dans ce milieu, il put très vite découvrir dans le cardinal Bergoglio un expert dans l'autopromotion, camouflé derrière une image de simplicité et d'austérité (...)


NDT
Il est intéressant de remarquer qu'Omar Bello est mort dans un accident de voiture en décembre 2015. Il ne pourra donc plus jamais répondre à des questions ou faire d'autres révélations indiscrètes... (cf. www.lanueva.com)

lundi 4 décembre 2017

Chapelle du séminaire- le Cénacle

 Quelques travaux du séminaire Saint Louis Marie : 

Le séminaire a dû faire face à de nouveaux arrivants pour l'année 2017,  il a donc encore fallu trouver un nouveau bâtiment pour loger tout le monde puisque les bungalows n'étaient pas du tout du goût de la commune d'Avrillé. Ce nouveau bâtiment été providentiellement mis à la disposition du séminaire pour quelques temps et il se trouve  tout près du couvent. Il porte le nom de "Cénacle". Nom tout à fait approprié pour accueillir les séminaristes dont la vie doit être animée du feu du St Esprit et dont la mission sera de le transmettre. Mais il fallait une chapelle à ce Cénacle tout de même ! C'est chose faite grâce à l'efficacité à la générosité de bons amis.

Le 29 juin 1981, Mgr Lefebvre invitait les ordinants à demeurez unis à Notre Dame pour accomplir un magnifique apostolat. C'est la grâce que nous souhaitons aux jeunes lévites de la Fidélité Catholique.
"Comme les apôtres au Cénacle, entourant la Vierge Marie, ont reçu les grâces qu'ils ont reçues par la Vierge Marie, vous aussi, dans quelques instants; par l'imposition des mains de l’évêque et par les paroles du sacrement de l'ordination, vous recevrez l'Esprit Saint et vous Le recevrez par votre très Bonne Mère du Ciel, la Très Sainte Vierge Marie.

Alors, demeurez unis à la Vierge, comme les apôtres autour d'elle dans le Cénacle; demeurez avec elle pendant toute votre vie et vous ferez ainsi un magnifique apostolat et ainsi, persévérant jusqu'à la fin, vous serez sauvés vous aussi avec toutes les âmes que vous aurez sanctifiées.."











Le Libéralisme est une Religion

Cette semaine, Mgr Williamson nous résume une conférence que Mgr Lefebvre avait donné en 1986 à Barcelone au moment même où se tenait la réunion d'Assise. Est ce que les traditionalistes seraient d'accords avec cette conférence aujourd'hui ? Pas si sûr.

Kyrie Eleison DXLII

 (2 décembre 2017)


Notre Seigneur disait, “Dieu ou Mammon : au choix.”
Rome a choisi Mammon, et a perdu la Foi.


Le libéralisme est un péché : Non seulement le libéralisme est un péché grave qui atteint l’honneur de Notre-Seigneur Jésus-Christ, mais c’est une religion. Nous mourons du libéralisme et de ses conséquences. Voilà deux siècles qu’il s’est répandu partout, dans nos écoles, dans nos sociétés. C’est un poison qui détruit les commandements de Dieu, tout ce qui fait la beauté et la grandeur de la civilisation chrétienne. Il est bon de le cerner, comme l’a fait Léon XIII à propos de la Franc-Maçonnerie, dans son encyclique “Humanum Genus“ : « Il faut leur arracher leur masque et les montrer tels qu’ils sont, pour que nous les évitions et que nous évitions leurs erreurs ». Je crois que le libéralisme est un fruit de la Franc-Maçonnerie et qu’il doit être démasqué de façon que l’on en saisisse tous les dangers.

Le libéralisme a sa déesse : c’est la liberté. Au moment de la Révolution française, on a adoré la déesse Raison dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, c’est-à-dire la liberté, la liberté de l’Homme, cette liberté qui a sa statue à l’entrée du port de New-York, que l’on a fêtée d’une manière incroyable il y a peu de temps. L’Homme est libre, enfin délivré de toute loi et en particulier de la loi de Dieu. La liberté c’est la déesse de la religion du libéralisme.

Le libéralisme a son sacerdoce, en la personne des francs-maçons, sacerdoce secret, organisé, extrêmement efficace. Il existe des milliers et des milliers de francs-maçons. Rien que la secte exclusivement juive des B’nai B’rith, qui a ses entrées à Rome de manière très fréquente et qui était présente à la réunion d’Assise, compte cinq cent mille membres dans le monde. Le Grand Orient est lui aussi répandu partout.

Le libéralisme a ses dogmes : ce sont les constitutions des Droits de l’Homme. Ces droits du libéralisme – les papes nous l’ont enseigné – ce sont les instruments inventés par la Franc-Maçonnerie contre Dieu, pour libérer l’homme de Dieu. Désormais l’homme est libre de pécher, de désobéir à Dieu . . . . Liberté, par exemple, la liberté de la presse . . . . Ce sont ces libertés inscrites dans les Droits de l’Homme, qui ont été condamnées par les papes pendant un siècle et demi.

Le libéralisme a sa morale qui est tout simplement l’immoralité : aucun frein à la liberté. Depuis vingt ans on a réussi à introduire dans presque toutes les législations des États, tous les principes qui vont à l’encontre de la morale catholique, comme l’avortement, l’union libre – le concubinage étant fiscalement favorisé.

Le libéralisme a sa politique : celle de la démocratie, la démocratie du nombre. C’est le peuple q ui – soi-disant – commande. Mais en fait il s’agit de mieux l’asservir, le dominer, le déposséder au profit d’un État omnipotent, d’un socialisme totalitaire qui peu à peu ruine le droit de propriété, qui fait travailler le citoyen pendant un tiers de l’année pour l’État. Les citoyens deviennent pratiquement esclaves de l’État totalitaire. Voilà la politique du Libéralisme, soi-disant liberté.

Le libéralisme a son enseignement : il veut qu’il soit athée, laïque et unique par toute la nation. En France, ce ne sont pas les évêques qui ont défendu la liberté d’enseignement, ce sont les familles. S’il n’y avait pas eu deux millions de personnes qui s’étaient rendues à Paris pour faire échec à la loi socialiste sur l’enseignement, il y aurait aujourd’hui, en France, un enseignement unique et l’enseignement privé aurait disparu.

Le libéralisme a son économie, dirigée par les groupements financiers internationaux. Dans la mesure où les États appliquent la morale libérale, l’économie libérale, l’enseignement libéral, les lois libérales, même s’ils contractent des dettes énormes, ils sont soutenus par le Fonds Monétaire International. En revanche, si les États résistent aux injonctions du libéralisme, leurs finances subissent des attaques qui, si possible, conduisent leur économie à la ruine. Le Vatican lui-même n’y a pas échappé : il a été ruiné par la finance internationale.[ . . . ] Les francs-maçons ont pénétré les finances pontificales. Ils ont conseillé le transfert des avoirs du Vatican au Canada, et la fortune du Vatican a disparu.[ . . . ] Évidemment, les francs-maçons se sont empressés et la finance internationale est intervenue : « Ne vous souciez pas, nous sommes là. Si vous avez besoin d’argent, en voici, tant que vous voudrez. Nous vous soutiendrons ». Ce soutien explique les pression s qui peuvent être exercées sur Rome pour la nomination des évêques, ou de tel ou tel cardinal, et puis pour imposer tout ce que fait le Pape. Il est pratiquement maintenant au service du libéralisme maçonnique. Il nous faut dire les choses comme elles sont.

Ainsi parlait Mgr Lefebvre à Barcelone en 1986. Faudrait-il aujourd’hui changer un seul mot ?

Kyrie eleison.

vendredi 1 décembre 2017

Ce qu'est la Fidélité Catholique en quatre propositions

La Fidélité Catholique n'est pas comprise par beaucoup : la propagande libérale au sein de la FSSPX ayant fait son ouvrage de sape depuis quelques années, on entendra dira que c'est un mouvement de sédévacantistes (ou plus ou moins crypto) , de personnes désobéissantes à l'autorité de Mgr Fellay (des sécessionnistes) , ou bien des simples querelles de personnes, de gens qui n'auraient pas le sens de l’Église et n'auraient retenu qu'une partie du message de Mgr Lefebvre etc... Toutes sortes de calomnies propres à toute révolution et qui permettent ainsi de voiler l'essentiel de cette saine réaction catholique.

Mais comment donc la résumer pour mieux la comprendre et la défendre. Un ami nous a résumé en 4 propositions très simples et faciles à retenir de ce que nous pensons être le combat essentiel de la Fidélité Catholique en 2017. C'est en fait le combat catholique tout court :

Voici alors notre situation, le plus simplement possible :

Au préalable :
§1. Les réformes conciliaires visent à une réconciliation entre l'Eglise et le monde.
§2. Suite à Vatican II, il s'impose de placer un verrou entre les personnes qui souhaitent garder la Foi et les institutions qui promeuvent les nouveaux enseignements conciliaires.

Et maintenant :
§3. La "néo Fraternité saint Pie X" veut faire sauter ce verrou, et cela se manifeste depuis l'année 2012.
§4. La fidélité (ou "résistance") veut maintenir ce verrou.

mardi 28 novembre 2017

François (l'hérétique) bénit une chapelle de la FSSPX

Reconquista porte à votre connaissance un fait absolument consternant d'une mission de la FSSPX dans les îles du Pacifique. Vous découvrirez tout d'abord le mot du prieur qui reconnaît les accusations d'hérésie concernant le pape François. Mais, ô stupéfaction, dans la suite du même bulletin, nous découvrons qu'un des vicaires de ce même prieur installe avec grande joie (cf photo) une bénédiction du Pape François pour la cure de la paroisse St Raphaël. La FSSPX a donc désormais bien dépassé la Fraternité St Pierre en matière de ralliement.




Un mot du Prieur 

Chers amis et bienfaiteurs,

En dépit de la terrible crise qui fait rage autour de nous, au point que le Pape actuel est directement accusé publiquement de 7 hérésies majeures par d'éminents théologiens catholiques, nous n'avons qu'à nous arrêter et sentir les roses.  Ces quelques derniers mois ont, en effet, été la saison de sentir les roses offertes comme un bouquet précieux à Notre-Dame de Fatima : la première rose a été la visite de Mgr Tissier de Mallerais pour conférer la confirmation à 20 enfants et quelques adultes.  La seconde rose  a été le pèlerinage international à Fatima, auquel 10 000 pèlerins venus du monde entier ont pris part.  La troisième rose, c'est l'annonce des résultats de la Croisade du Rosaire en Nouvelle-Zélande : 60 000 chapelets et 31 000 sacrifices. La quatrième, ce fut le voyage de la statue de la Vierge pèlerine de Fatima sur toute la longueur des Iles australes. La cinquième, ce fut le pèlerinage pédestre de 150 km de Wanganui à Paraparaumu en esprit de prière et pénitence aux intentions du Cœur Immaculé de Marie.  Tant de roses pour s'arrêter et respirer ! (...)


La mission du Vanuatu reçoit un bénédiction papale personnelle 

L'abbé Bochkoltz et le chef du village de Vunapisu installent
 la bénédiction papale sur le mur de le chapelle du village
 (NdR : remarquons le visage ravi de l'abbé devant le portrait de l'hérétique François. Navrant)


Par l'intermédiaire du second assistant de Mgr Fellay, M. l'abbé Nély, notre mission a reçu un bénédiction papale du Pape François lui-même. Voici ce texte : Sa Sainteté François accorde de grand cœur la Bénédiction Apostolique au Curé et à la Communauté de la Paroisse Saint Raphael "Vunapisu, South Santo, Vanuatu" et invoque l'abondance des grâces divines et la protection de la Sainte Vierge Marie.


lundi 27 novembre 2017

Les ASC apportent la contradiction à l'occasion d'un colloque sur le protestantisme


Des Animateurs des ASC se sont rendus à la libraire de Bordeaux pour porter la vérité catholique à l'occasion d'une conférence sur Luther. 


Que se passe-t-il donc à la librairie "catholique" de Bordeaux qui accueille cet après-midi le gratin religieux protestant? Sont-ils tombés sur la tête ?

C’est ce qu’a pensé l’équipe Saint François le samedi 14 octobre. Ils sont allés "voir" ce qui se déroulait.Nous nous sommes donc retrouvés devant la cathédrale Saint -André de Bordeaux, avec Jean, Patrick, Mikael, Louise, Anne et Marie. Nous faisons la queue devant les cerbères de l’entrée… et oui on n’a pas réservé, mais « Attendez un peu voir s’il reste des places, ça serait dommage que vous manquiez ça », nous dit une aimable dame. Sur quoi nous pensons tous « Attention, vous ne savez pas qui nous sommes. »

Enfin après le passage au vigipirate, nous voilà installés face au pasteur, président de la confédération des protestants de France. (La pression monte). Je ne vais pas transcrire tout ce qu’il a pu nous dire, mais je vais rappeler quelques traits principaux :

Attaques sur les indulgences :

« Tout commence parce que L’Église fait du commerce d’indulgences ; alors Luther se détache de l’Église ». « L’Église n’a pas à gérer les biens de salut. »

Ce à quoi nous répondons : ceci s’appelle de la simonie et c’est condamné par l’Eglise.

« Luther est un grand théologien et fait des réformes théologiques.» « Il faut redéfinir l’Eglise. »

« De quel droit l’Église peut-elle faire un répertoire d’exemples à suivre (au passage pour les non initiés, ça s’appelle des Saints) pourquoi telle ou telle personne serait meilleure qu'une autre ? Comment l’Église peut juger ces personnes plus dignes… on est tous des saints dans cette salle ! » (Ah bon ? Alors avis à la population, l’équipe Saint-François présente dans la salle a donc été canonisée !)

Écoutons la suite (série de blasphèmes) :

« Il y a eu un strabisme divergeant dans l’Église catholique, la figure de Marie empêche l’antisémitisme, c’est la mère juive, on l’avait oublié… moi je suis mariolâtre… Elle obscurcit le message évangélique… Vatican II contrecarre cette tentative de croire qu’on ne peut pas se sauver sans Marie" (Tiens tiens) . " Paul (Saint Paul c’est mieux !) ne connaît pas Marie et on peut être Chrétien sans faire référence à Marie". "Les catholiques font presque de la sainte Vierge la quatrième personne de la sainte Trinité… c’est une aberration » (Les Protestants considèrent la Très Sainte Vierge Marie au même niveau que Saint Joseph, elle n’est pas la mère de Dieu. Nous avons ragé intérieurement… Quel blasphème ! Le moment n’était pas encore venu d’intervenir pour nous.)

Et ça continue de plus belle. Le pasteur enfonce le clou sur le libre examen biblique :

« Le subjectivisme, question typiquement catholique. Mais qui est contre la subjectivité ? Aaah, quel merveilleux mot que ce sujet ! Oui, chacun est libre face aux Ecritures, à la Bible, le texte construit son sujet, construit son lecteur. La Bible c’est comme des lunettes pour lire le monde, a dit Calvin. La lecture subjective viens de l’université, c’est la lecture intelligente. D’ailleurs le mot intelligence veut dire « lire entre les lignes… ». C’est très bien une étude subjective mais il faut qu’elle soit croisée avec les autres… »

« Jésus était protestant, il protestait de sa liberté et d’une relation à Dieu qui devait être d’une entière confiance » .« Jésus tient son autorité des prophètes
» .


ET il n'hésite pas à remettre en cause l'innerrance biblique (absence d'erreur puisque révélée
Sortie des ASC
par le Saint Esprit)
: « La Bible est sujette à caution en ce qui concerne la morale »

Puis viens le temps des questions.  N’hésitons plus, il est temps de mettre les choses au clair, une main se lève :

« Bonjour, j’aurais une question. Pour revenir à ce que vous avez dit au début, vous avez dit que l’Église n’a pas à gérer les biens de Salut, mais pourtant si on reprend la Bible à la fin de l’Évangile selon Saint Jean, Notre-Seigneur dit à ses apôtres : « Les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez et retenus à ceux à qui vous les retiendrez. » Ça semble contredire le fait que l’Église n’a pas à gérer les biens de Salut. Et ça amène à une question plus vaste : ont-ils redéfini l’Église ? Qu’est-ce qui nous dit que la façon dont ils ont redéfini l’Église est mieux que l’Église catholique ? L’Église catholique vient des apôtres, les évêques sont leurs successeurs. »

Rire et murmure de la foule, une certaine gêne s’installe…

Réponse du pasteur « Je n’ai pas dis que c’était mieux, mais c’est autrement, c’est différent déjà. N’allons pas trop vite. Euh…Dans les textes évangéliques, il y a un certain nombre d’injonctions faites par le Christ et même par les apôtres sur la fonction même de l’Église. L’Église n’est pas passive ; elle a quelque chose à faire. Ici la phrase qui concerne la remise des péchés, c’est tout ce qui concerne la gestion de ce qu’on appelle la discipline dans l’Église… euh… c’est comment ça marche, comment ça marche une église ; qui est dedans, qui est dehors, comment est-ce qu’on avance les uns les autres avec un bonus vivendi qui nous tient euh… voilà… liés les uns avec les autres. Et le rappel de l’évangile du jour qui renvoie d’ailleurs à des textes de la tradition juive, c’est simplement nous dire votre fonction c’est d’annoncer, la fonction du Chrétien c’est d’annoncer le pardon. (Retenez bien cette belle définition quand même !). Vous avez une grande responsabilité, et là, je ne parle pas de l’institution, vous comprenez, c’est ça que le protestant essaye toujours de dire au partenaire catholique. Quand l’Evangile nous dit ceci ou cela, c’est pas l’institution, c’est le lecteur qui s’approprie ces choses et qui se sent responsable. La fonction du chrétien, la vocation du chrétien c’est d’annoncer le pardon en Jésus-Christ et le salut… »

« Là je suis pas tout à fait d’accord avec vous ; vous dites, s’offusque Mikaël, qu’il aurait juste dit qu’il faut remettre les péchés, et là vous précisez qu’ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez. Il ne fait pas qu’ annoncer . »

« Eh oui ; parce qu’effectivement c’est une formule, une formule juridique, c’est la formule juridique de la responsabilité. Si vous ne faites pas ça, et bien vous n’annoncez pas le pardon, vous laissez la personne dans une situation pécheresse. C’est l’exemple de la femme adultère, vous vous souvenez de cette histoire étonnante où tout le monde veut que la personne soit liée définitivement dans le péché, c’est la loi et on doit la lapider. Et puis le Christ qui essaye une ouverture. Il ne dit pas que c’est simple, il risque quand même gros, il essaye une ouverture en disant : « Attendez que celui qui n’a jamais été lié par le péché lui jette la première pierre. » Et voilà, Jésus essaye d’annoncer le pardon, il n’y arrive pas complètement. Il dit :« Va, ne pèche plus ». Enfin c’est pas clair, mais il y a une ouverture possible, cette femme ne sera pas tuée et ne sera pas assignée à résidence par sa faute toute sa vie. C’est majeur, c’est majeur dans le processus de libération de la femme, c’est majeur ! Il faudra attendre en France quelle année pour la possibilité du divorce ? Pour qu’une femme puisse casser la carte comme on dit librement ? (Quel est le rapport avec la choucroute murmure Patrick…) L’Evangile creuse comme ça un sillon qui au début est tout petit et puis qui finalement fait son chemin, ici le chemin ce sera que, de libérer la femme, c’est la possibilité que ENFIN elle puisse se barrer quoi… (Ricanement…) Et euh…


« Là je ne suis pas d’accord avec vous non plus » (Rires, on détourne le micro…) Mais la deuxième question qui était plus générale, est-ce que vous pourriez y répondre ? Aucune réponse a été donnée à Mikaël, la foule réclame d’autres questions au lieu de lui répondre. Le pasteur tourne autour du pot et ne répond pas sur la question de la redéfinition de l’Église par Luther. On comprend.


Autre question intéressante sur la question de l'autorité : « Vous avez parlé de réforme théologique. Sur quelle autorité aurait pu s’appuyer Luther pour faire cette réforme théologique alors qu’il ne reconnaissait plus l’autorité du pape ? comment son autorité a pu paraître jusqu’à nos jours, s’il refusait l’autorité en place à l’époque pour l’Église catholique ; il a refusé cette autorité et pourtant il a imposé quand même au monde entier on peut dire une certaine religion, qui est basée sur des réformes théologiques. Comment donc pouvons-nous lui faire confiance s’il s’appuie sur sa propre autorité et non sur une autorité supérieure ? »

Murmures : la foule se douterait elle que des jeunes catholiques sont venus en force ?

Tentative de réponse du pasteur :


« Vous avez là tout le débat, et en deux minutes on va le résumer. Sur quelle autorité s’appuyaient les pères de L’Eglise, c’est pas sur l’autorité de l’institution, les pères l’Eglise s’appuyaient sur l’autorité des Écritures. Sur quoi s’appuyait le Christ ? On peut même aller jusque-à, il ne s’appuyait pas sur l’autorité du Sanhédrin, il s’appuyait sur l’autorité des prophètes. Donc on est toujours comme je l’ai dit tout à l’heure, dans une relation consciente de ne pas commencer quelque chose". ( il esquive le sujet.)

"Il y a une antécédence, l’autorité c’est ce qui nous autorise, ce qui nous autorise à parler par exemple à table : les enfants attendent l’autorisation pour parler, et très vite on s’est autorisé à
Sortie des ASC
parler et les parents ne sont pas allés chercher la police pour dire « mon enfant met en question mon autorité" . L’autorité c’est devenir auteur. Et le chrétien dans la tradition protestante lit dans les textes bibliques l’Evangile de salut, parce que c’est ça le salut, c’est la parole, le message qui nous rend auteur de nos propres vies, auteur de nos propres rapports avec l’autre, auteur de nos propres relations avec le monde et avec Dieu.
"


Le pasteur affirme son refus de la hiérarchie (même s'il en faut un peu quand même) :


"Et donc cette autorité là, effectivement, n’a pas le truchement nécessaire de l’institution, de la hiérarchie du système mais il y recourra d’une manière ou d’une autre car il faut bien organiser quand même le monde. Et c’est ce que va faire Martin Luther avec ses amis qui sont prêtres ou évêques, il décidera que la gestion des relations humaines sera dans la continuité globalement."

"D’ailleurs si vous allez en Allemagne ou aux Etats Unis, les églises luthériennes sont relativement semblables dans leur constitutions à l’Eglise Catholique, ou l’église anglicane qui est un peu sur le même modèle, avec des évêques, des conseils, des synodes etc… Et donc cette gestion-là de l’autorité est dans la continuité ; et même dans la religion réformée calviniste il y aura une autorité et une constitution d’église, qu’on appelle la discipline."

Le pasteur fait ressortir l'individualisme protestant :


"L’autorité n’est pas une notion anti-ordre auto-proclamé mais c’est une notion qui s’inscrit dans une continuité. Ici c’est l’autorité de l’écriture « Sola Scriptura », ce miracle permanent qui fait qu’en lisant le texte, on est construit comme l’auteur, soi-même dans sa propre vie. Et même il y a une espèce de liberté, dans ce qui attire dans la lecture du texte. »

La conférence se termine sur ces affirmations protestantes qui, nous le comprenons, n'ont aucun fondement révélé et rationnel. Cela nous conforte dans notre adhésion à l’Église Catholique.

Jean tente une nouvelle question, sur le rapport de Luther et le diable, le protestantisme est la religion qui s’appuie sur le diable, qui a un rapport avec le diable directement à travers une discussion que Luther a eu avec le démon.

 Le pasteur répond « je ne sais pas » et cette fois-ci il avoue « quand je ne sais pas, je ne réponds pas »  Jean lui laisse la plaquette des Dominicains sur les conférences de Luther avec le diable. Peut-être la lira-t-il ?

Quelques plaquettes sont distribuées au sujet de Luther l’anti-saint. Les gens sont contents de nous dire que Jésus est vivant. Ça leur suffit, on a le Christ en commun ! Mais enfin Madame, ça ne suffit pas !

Le dialogue entre Luther et le diable interpelle quand même un brave protestant, qui avait entendu parler de nous. La discussion s’engage pour au moins deux heures. Il est d’accord avec nous sur plein de choses, il a beaucoup étudié la théologie et le droit canon.

Arrive aussi un monsieur du GREC qui apparemment serait aussi franc-maçon . Il nous demande si on est le MJCF ! Non pas vraiment. Il connaît bien les dominicains d’Avrillé. Mais on nous questionne sur les ASC, sur la fraternité sur la différence entre le MJ et nous, pourquoi nous sommes contre le ralliement. Ce monsieur joue sur les mots.  La conversation ne peut pas aboutir. Il n’est même pas d’accord avec le fait que l’histoire soit falsifiée dans l’éducation nationale. Bref la discussion avec un protestant est plus intéressante qu’avec un « catholique libéral qui est peut-être franc-maçon ».

Le débat recommence avec un autre pasteur devant la cathédrale. Il est encore question d’autorité et, encore une fois, il n’y a pas de réponse satisfaisante et cohérente. La question est toujours détournée sur un autre sujet. Après l’autorité, reviennent les indulgences, puis le fait que L’Église ne peut pas donner d’exemples, sur la mentalité des gens du XVIème siècle.

« Qui est sauvé, qui ne l’est pas ? La seule autorité c’est l’Ecriture. L’Eglise est en contradiction avec les Ecritures. »

« Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise » ça ne veut pas dire : tu auras raison ou toujours tort. Car si il y en a un qui a fait des c.......s, c’est bien Pierre
» (Qu’est ce qu’il ne faut pas entendre !)

« Le texte est supérieur à la tradition. La succession apostolique, c’est là ou deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux ? »

« Et puis si vous voulez il y a un concert de rock chrétien, catho ce soir ? »

Comment ça ? C’est possible ?

Pourquoi ?
Le rock n’est pas une belle musique ni une musique tout court.

Enfin la discussion continue durant encore une heure. Mais on confesse notre Foi comme on peut, Dieu seul connaît les effets que nous avons pu produire sur les âmes que nous avons croisées.


Une animatrice

Les ASC organisent un camp apostolique cet hiver, n'hésitez pas à  le faire connaître :